Surrogate mothers... Les mères porteuses aux USA

Surrogate mothers... Les mères porteuses aux USA.

mere-porteuse.usC’est une méthode qui devient très courante aux USA: la surrogate mother ou la mère porteuse. C’est une femme qui porte un enfant pour quelqu’un d’autre, normalement un couple infertile. Il y a deux types de " surrogacy " de mères porteuses.

La traditionnelle: la mère porteuse est inséminée artificiellement par le sperme du père ou donateur, et elle utilise ses propres ovules pour faire cet enfant.

Et puis, il y a la " surrogacy gestationelle": le couple fertilise artificiellement ses propres ovules avec son sperme et les embryons sont ensuite transférés dans l’utérus de la mère porteuse.

C’est le cas, par exemple, quand la femme a eu un cancer ou un problème au niveau de l’utérus et ne peut pas porter un enfant. Il existe une agence à Los Angeles dont la spécialité est de mettre en contact des couples infertiles qui voudraient avoir un enfant par le biais d’une mère porteuse.

mere-porteuse.usD’ailleurs, il faut savoir qu’il existe des centaines de compagnies aux USA spécialisées dans ce marché. Les couples sont prêts à payer de 35 000 à 100 000 dollars pour ce service. Le centre de Los Angeles explique qu’une mère porteuse peut gagner de 14000 à 50 000 dollars. A chaque fois qu’elle tombe enceinte pour un couple, elle peut augmenter son prix parce qu’elle a de l’expérience.Pour le couple qui désire procéder par cette méthode, la première étape du processus est une consultation dans les bureaux de la société spécialisée. Il s’agit d’une consultation de quatre à six heures pendant lesquelles la future mère rencontre individuellement un psychologue, un avocat et chaque membre de l’équipe.Elle leur pose des questions afin de se rassurer quant à cette femme mystérieuse qui va porter son enfant. La question la plus fréquente est relative à la peur de voir la femme garder l’enfant. Aux USA, " surrogacy " est permis seulement dans certains Etats. La Californie a été le premier à légaliser cette pratique en 1987, et aujourd’hui, c’est légal en Israël et en Russie.

Certains pays ont spécifiquement pénalisé cette méthode d’adoption: la France, l’Egypte, les Pays-Bas comme certains Etats américains, tels que New York, l’Arizona ou encore Washington. En Pennsylvanie, où la pratique est autorisée, l’avocate Melissa Brisman négocie des contrats très précis sur les droits et devoirs de la mère porteuse et des parents. Si chaque année, environ 6 000 naissances sont officiellement issues d’une gestation pour autrui, elles seraient en réalité bien plus nombreuses car beaucoup ne sont pas déclarées. Ces cas non recensés concerneraient des couples homosexuels ou venant de pays où la pratique est interdite, comme la France. La gestation pour autrui peut concerner des couples dont la femme a subi de lourds traitements médicaux et pour qui une grossesse peut constituer un danger. La patiente peut alors demander un prélèvement d’ovocytes qui seront congelés en vue d’une grossesse future. Les parents biologiques assurent les frais médicaux et un revenu régulier à la mère porteuse dès l’insémination et jusqu'à la naissance de l'enfant. La mère porteuse perd tout droit sur l’enfant, généralement avant même qu'elle ait accouché. Parce que certaines mères porteuses ont parfois refusé de se séparer de l’enfant mis au monde, les cabinets juridiques comme celui de Melissa Brisman font passer des tests psychologiques et médicaux aux candidates mères porteuses. Son cabinet reçoit 50 à 100 candidatures par semaine mais seulement cinq ou six femmes sont retenues.

mere-porteuse.us“Ventre à louer”. Prix: entre 60 000 et 135 000 dollars. Aux USA, le recours à des mères porteuses est légal et de plus en plus répandu. La Société pour une technologie de reproduction assistée, un groupe basé dans l’Alabama, estime que le nombre de naissances par des mères porteuses a triplé ces dernières années voire même plus. La presse américaine a récemment lâché le chiffre de 1000 naissances assistées en 2007 contre 257 en 2006. Les couples hétérosexuels ou homosexuels intérressés par cette méthode peuvent choisir une mère porteuse sur Internet. “C’est un marché qui croit rapidement”, glisse Ron Poole-Dayan, responsable du marketing de Circle Surrogacy, une agence de mères porteuses, basée à Boston. “Nous avons beaucoup de clients à l’étranger, notamment en Suède, en Grande-Bretagne, en Israël et en France”. John Weltman, le directeur de Circle Surrogacy, affirme que la croissance de sa compagnie a été fulgurante et qu’il entend doubler son chiffre d’affaires d’ici fin 2010. “Le marché a beaucoup changé ces dernières années aux USA, poursuit Ron Poole-Dayan. Jusqu’à il y a cinq ans, les mères porteuses étaient traditionnellement fécondées par insémination artificielle avec le sperme du futur père. Aujourd’hui, la très grande majorité des femmes reçoivent directement un embryon. Dans certains Etats comme le Massachusetts, les parents d’un bébé portés par une autre femme peuvent même demander à un tribunal d’inscrire leur nom sur le nom sur l’acte de naissance de leur enfant avant même la naissance de celui-ci. Aux USA, les lois sur les mères porteuses ne sont d’ailleurs pas uniformes. Dans certains États comme New York, l’Arizona ou le Michigan, il est illégal de payer une mère porteuse. Cette dernière reçoit en général entre 20 000 (21000 frs) et 30 000 dollars (31 000 frs) pour un premier bébé. Les commissions de l’agence oscillent elles entre 3000 et 26 000 francs. Les compagnies comme Circle Surrogacy travaillent également avec des avocats dans les pays de ses clients. Ron Poole-Dayan et son partenaire Greg ont engagé une femme il y a 9 ans pour porter leurs jumeaux. “ Tout s’est très bien passé, affirme Ron Poole-Dayan. Nous avons invité la mère porteuse à venir voir les enfants et lui avons envoyé des photos. Nous sommes aujourd’hui encore en très bons termes avec elle”.

Les mères porteuses : l'eldorado américain.

mere-porteuse.usPour de nombreux couples stériles ou souffrant de malformations génitales, l'accès à la parentalité est un long chemin rempli d'obstacles en tout genre allant d'échecs successifs dans les tentatives de Fécondations In Vitro (FIV), aux difficultés d'accessibilité à l'adoption. Cette technique, interdite dans des pays tels que la France, est tolérée dans certains pays membres de l'Union européenne, comme la Belgique par exemple, mais fait carrément l'objet d'un véritable business dans d'autres pays comme les USA, l'inde ou la Russie. Dans ces pays, un couple peut contacter une agence de mère porteuse ("surrogacy mother" en anglais) qui, propose au couple de choisir parmi un catalogue de mères susceptibles de porter leur enfant. Parfois en cas de stérilité sérieuse, on fait appel à un donneur de sperme et à une donneuse d'ovocyte qui sont rémunérés en compensation de leur don. Le montant pour un tel procédé aux USA avoisine les 90 000 $, mais bien souvent la première tentative n'est pas suffisante. En moyenne, il faudra compter pour un couple la modique somme de 150 000 $ pour arriver à un résultat. Beaucoup de couples européens sont intéressés par le marché américain car celui-ci présente une couverture juridique allant jusqu'à permettre dans certains Etats de refuser tout droit de parentalité à la mère porteuse et ce avant-même l'accouchement. Ces couples vont parfois jusqu'à braver l'interdiction de cette pratique dans leur pays et se risquent à se voir attribuer des sanctions pénales graves par la législation de leur Pays: en France, une personne facilitant le recours pour un couple à une mère porteuse risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000ˆ d'amende. Quant au couple, celui-ci risque de grave poursuite judiciaire sur le motif de tromperie à l'état civil. Canal Académie vous propose les regards nuancés d’un médecin gynécologue-accoucheur et d’un écrivain pour aborder le thème de la gestation pour autrui (GPA). Henrion est le coordinateur du rapport 2009 de l’Académie de médecine sur la gestation pour autrui; un rapport qui ne donne pas d’avis particulier sur la GPA mais qui apporte des clés de compréhension et de réflexion sur cette pratique encore récente en Europe.