Le débat sur les « mères porteuses ».

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La loi sur la bioéthique, l’éthique de la vie dont on peut mieux comprendre toute l’actualité en lisant ceci, aura à prendre position sur la question de la gestation pour autrui, débat plus connu sous l’item des mères porteuses. C’est une question complexe que les législateurs auront à trancher. Aujourd’hui cette possibilité est interdite en France. « Le fait de s’entremettre » pour recourir à cette pratique est passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. Cette amende est doublée si cet acte est réalisé pour des raisons lucratives. L’interdiction française a été votée en 1994 puis une nouvelle fois en 2004. Pour autant il y a déjà eu des cas de mères porteuses en France, autorisée par la loi puisque n’y dérogeant pas, n’y dérogeant pas parce que la loi n’existait pas. C’était entre 1987 et 1991. On estime à 70 le nombre d’enfants nés de mères porteuses durant cette période. Il n’existe pas d’études épidémiologiques sur le suivi de ces enfants depuis, ce qui aurait pu permettre aux législateurs de trancher en toute connaissance de cause et d’éviter les fantasmes de part et d’autre. (Maj 24/06/2009 : L’Express revient dans son édition du jeudi 25 juin sur cette question via un article reprenant le parcours de trois familles avec les témoignages de leurs enfants nés de mère porteuses). Nombreuses sont aujourd’hui les personnes et organisations à prendre position sur cette question. Parmi les tenants d’une autorisation contrôlée du recours aux mères porteuses, on trouve : l’association Maia, le Comité Clara, Elisabeth Badinter, la ministre de la famille, Nadine Morano, Geneviève Delaisi de Perceval, un groupe de travail du Sénat. Parmi les opposants, aux rangs plus fournis, on trouve, le « père » du premier bébé éprouvette français, le médecin René Frydman, la philosophe Sylviane Agacinski, la ministre du logement, Christine Boutin, l’OPESCT (l’office parlementaire dédié à l’éthique qui regroupe plusieurs députés et sénateurs sensibles à ces questions et qui publient des rapports), le Comité Consultatif National d’Ethique, les églises catholiques et protestantes ainsi que les représentants de l’islam et dans une moindre mesure le consistoire  de Paris. A propos des opposants, René Frydman se dit « outré par le lobbying de certaines associations qui prônent la légalisation de cette pratique pour défendre les intérêts de quelques nantis ». C’est cinglant, fort, trop peut-être. Chaque camp y va de son influence pour faire progresser ses idées. Des interviews sont données, des blogs ouverts, des participations à des conférences ou colloques entreprises, des courriers et dossiers expédiés auprès des parlementaires, des réflexions engagées afin de faire progresser ses idées, défendre son point de vue, (comme la synthèse du Conseil d’Etat le montre) augmenter sa visibilité et participer à la construction de la décision sur ce sujet complexe.