Variations sur la maternité de substitution.

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La gestation pour autrui, loin d'être une invention purement rhétorique comme d'aucuns le soutiennent s'avère, dans sa version moderne, un palliatif révolutionnaire à une forme irréversible de stérilité féminine. La maternité pour autrui remonte aux origines de notre civilisation mais, depuis l'apparition des techniques de procréation assistée, c'est évidemment d'une toute autre histoire qu'il s'agit. Pratiquée la plupart du temps avec les gamètes des futurs parents, la gestation pour autrui permet le maintien du lien biologique entre un enfant et ses parents, la gestatrice n'intervenant que pendant le temps de la grossesse et de l'accouchement.L'histoire, emblématique, d'une jeune patiente qui à la suite d'un accouchement dramatique a dû subir une hystérectomie illustre une des nouvelles indications contemporaines de la gestation pour autrui. Cette jeune femme et son mari, parents d'une petite fille heureusement rescapée, ont souhaité lui donner un frère ou une soeur et, confrontés à l'interdit français, se sont décidés à avoir recours à une gestation pour autrui aux Etats-Unis où ils ont pu avoir un petit garçon. Bien que l'acte de naissance américain de l'enfant le désigne comme leur fils, il leur est cependant impossible d'en obtenir la transcription en France, alors que cet acte a été établi de manière parfaitement licite. Privé d'état civil sur le territoire français, l'enfant ne peut donc figurer sur le livret de famille de ses parents, pas plus qu'il ne peut lui être délivré de carte d'identité ; même pas reconnu comme frère de sa soeur il est, en outre, privé de toute filiation maternelle ! Cette histoire est au demeurant représentative de celle de plusieurs familles françaises, certaines ayant vécu le traumatisme supplémentaire de la perte du bébé au cours de l'accouchement.